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Thierry SCHIAVI - Ô Gravel ! experienced this adventure with komoot!

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Thierry SCHIAVI - Ô Gravel !
Completed activities

Piémont

went gravel riding

July 27, 2026 at 05:23

Piémont

10:31

94.8km

9.0km/h

46.2km/h

2,230m

2,240m

Komoot, encore une fois erreur sur la vitesse moyenne. Il y a eu de bons raidards et de belles montées à passer, mais tout de même ...

Balade en piémont, nulle obligation de grimper les cols en altitude pour cumuler du ou un peu de dénivelé positif et ce n’est pas le premier objectif de cette balade sur des pistes et chemins peu fréquentés … Belles pistes forestières, beaux sentiers, trois passages Gravel-enduro (lire les dernières lignes de ce compte-rendu), quelques beaux panoramas sur le massif du Valier et les sommets environnants … Quelques bons pourcentages : beaucoup entre 10 et 15 % et quelques raidards autour des 20% … Deux passages en tôle ondulée démultipliée, passages de troupeaux de bovins, des cratères juxtaposés, impossible à passer sur le vélo …

J’aime beaucoup la montée au Col de la Croix de Bourrudech depuis Argein, elle offre de beaux panoramas sur le Mont Valier et la chaîne pyrénéenne.
J’ai ensuite rejoint le très village d’Arrout en hauteur au-dessus de la vallée du Lez. Cela faisait un moment que je n’étais pas passé au Col de Belein pour basculer ensuite vers la vallée du Salat jusqu’à Prat-Bonrepaux et son château sur son éperon rocheux.
J’ai repris un peu de hauteur pour rallier Touille et un autre château.
Je ne connaissais pas le Canal d’Amenée des Salins à Touille, je suis toujours curieux, j’ai fait quelques recherches … C'est un ouvrage industriel assez méconnu mais très intéressant. Le canal d'Amenée des Salins est lié à l'ancienne exploitation des salines de Salies-du-Salat. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne servait pas au transport du sel, mais à l'alimentation en eau d'une centrale hydroélectrique desservant l'usine des Salins.
Voici son histoire.
À la fin du XIXᵉ siècle, les Salins de Salies-du-Salat modernisent leur production. Pour disposer d'une énergie régulière, ils construisent vers 1885 un long canal de dérivation prélevant une partie des eaux du Salat en amont de Touille. L'eau est conduite avec une très faible pente sur plusieurs kilomètres jusqu'à l'usine, où elle actionnait des turbines produisant l'électricité nécessaire aux pompes, aux ateliers et aux installations d'évaporation de la saumure.
Le canal est un ouvrage remarquable de génie civil : il suit fidèlement les courbes de niveau de la vallée, avec des digues, des ouvrages de régulation et plusieurs petits ponts. Son faible dénivelé permettait d'amener un débit important tout en conservant suffisamment de hauteur de chute à l'arrivée sur les turbines.
Aujourd'hui, une grande partie de ce canal est toujours visible. Il constitue même un agréable itinéraire de promenade entre Salies-du-Salat et Touille. Le lac de Touille, lui, ancienne gravière reconvertie en espace naturel.
Ce canal est ainsi un témoin de l'industrialisation de la vallée du Salat. Il rappelle qu'avant l'arrivée généralisée du réseau électrique, de nombreuses usines pyrénéennes produisaient leur propre énergie grâce à l'hydroélectricité, en dérivant les rivières par de longs canaux d'amenée.

L'origine des salines de Salies est d'abord... géologique. Sous Salies se trouve un important dépôt de sel formé il y a environ 200 millions d'années, lorsque la région était recouverte par une mer peu profonde. Lors de la formation des Pyrénées, les couches de sel, très plastiques, sont remontées vers la surface le long d'une grande faille. L'eau de pluie s'infiltre, dissout ce sel en profondeur puis ressort sous forme de sources naturellement salées.
Les fouilles archéologiques montrent que ces sources étaient déjà exploitées à l'âge du Bronze, vers le IIᵉ millénaire avant notre ère. Les populations recueillaient la saumure et la faisaient évaporer dans des récipients en céramique afin d'obtenir des pains de sel. Le sel était alors une richesse essentielle : il permettait de conserver les aliments et constituait un produit d'échange de première importance.
À l'époque romaine, l'exploitation se développe. Les Romains aménagent les sources et utilisent également les eaux salées pour leurs vertus thérapeutiques. Cette double vocation – production de sel et thermalisme – caractérise Salies jusqu'à nos jours.
Au Moyen Âge, les salines deviennent un enjeu économique majeur pour les comtes de Comminges, qui contrôlent la production et en tirent d'importants revenus. Un château est construit sur la colline dominant la vallée afin de protéger cette richesse et de surveiller la route menant vers le Couserans.
Au XIXᵉ siècle, l'exploitation entre dans une phase industrielle. Les bassins d'évaporation et les ateliers sont modernisés, puis l'usine est équipée de sa propre centrale hydroélectrique alimentée par le canal d'amenée de Touille, dont nous parlions récemment. Cette énergie permet d'actionner les pompes et les installations d'évaporation de la saumure.
Pourquoi ne pas avoir utilisé directement l’eau du Salat ? Grâce à ce canal de 3 km de long environ et qui suit les lignes de niveau et qui se retrouve donc plus haut que la rivière, une chute d’eau importante a pu être créée, eau qui tombait alors dans une conduite forcée qui faisait tourner les turbines.
Il existait aussi une passerelle suspendue franchissant le Salat.
Elle ne servait pas seulement aux ouvriers : elle portait une canalisation de saumure reliant les puits salés situés sur la rive gauche à l'usine construite sur la rive droite. Au-dessus de cette conduite circulaient également des wagonnets transportant le sel vers la gare et ramenant le charbon nécessaire aux chaudières. C'était un véritable ouvrage industriel multifonction.

Le site est occupé depuis la Préhistoire grâce à ses sources salées. Les premières traces certaines remontent à l'âge du Bronze, puis au premier âge du Fer.
Au Moyen Âge, Salies devient une petite ville fortifiée du Comminges. Son château verrouille l'entrée de la vallée du Salat, véritable porte d'accès vers le Couserans. La cité se développe entre le château et la rivière, autour des salines, des halles et de l'église Notre-Dame-de-la-Pitié.
La ville connaît aussi des périodes difficiles. Les crues du Salat sont redoutables : celle de 1705 détruit plus d'une centaine de maisons et emporte le pont. Pendant près de 130 ans, les habitants traversent la rivière grâce à un bac, jusqu'à la construction d'un pont suspendu en 1835.
Le XIXᵉ siècle est celui de la prospérité. Aux salines s'ajoutent les thermes, le casino, les hôtels et les villas. Salies devient une station thermale réputée, fréquentée pour ses eaux parmi les plus minéralisées d'Europe.

Ce sont les salins qui ont donné leur nom à Salies-du-Salat, la rivière Salat portant son nom bien avant la formation de la ville (nom connu sans doute dès l’époque pré-latine) qui s’appelait d’abord salies, puis à partir de 1927 Salies-du-Salat.

Après Salies, j’ai suivi un petit bout de la V81 Voie Verte du Piémont pyrénéen pour aller à Saleich et prendre de la hauteur par les forestières des forêts de Montreich et de l’Estélas pour arriver dans la vallée de Balagué rendue célèbre par le film « Le Retour de Martin Guerre » avec Nathalie Baye, Gérard Depardieu et Bernard-Pierre Donnadieu qui s’inspire d’une histoire qui s’est vraiment passée au XVIème siècle mais à Artigat, dans la vallée de la Lèze. Le village de Balagué avait été choisi pour son authenticité.
L’histoire : Martin Guerre quitte son village pendant plusieurs années. Un homme revient en affirmant être Martin. Il connaît la famille, les habitudes, les souvenirs d'enfance... tout semble confirmer son identité. Sa femme, Bertrande, finit par accepter cet homme. Mais des doutes apparaissent. S'ouvre alors l'un des procès les plus célèbres de la Renaissance française, présidé par le juriste Jean de Coras, professeur à l'université de Toulouse. Le rebondissement final est devenu un classique de l'histoire judiciaire française : le véritable Martin Guerre réapparaît au moment où l'imposteur est sur le point d'être reconnu comme le véritable époux.

Le Sarrat, au-dessus de Balagué (il faut y grimper, ou en descendre …), est l’exemple de ce qu’on appelle un écart pastoral.
Le toponyme Sarrat est très répandu dans les Pyrénées gasconnes. Il vient de l'occitan sarrat, lui-même issu du latin serra, qui signifie « crête », « ligne de hauteur » ou « dos de colline ». On retrouve ce nom dans des dizaines de communes de l'Ariège et de la Haute-Garonne.
Le Sarrat de Balaguères désigne donc simplement la crête située au-dessus du village.
Pourquoi autant de granges ?
Ces bâtiments ne sont pas des granges au sens où nous l'entendons aujourd'hui. Ce sont des granges foraines, caractéristiques du Couserans.
Pendant des siècles, les familles de Balagué vivaient selon un système agro-pastoral très organisé.
L'année était rythmée par plusieurs niveaux d'occupation : le village, où l'on passait l'hiver, les granges foraines, entre 700 et 1 100 mètres d'altitude, utilisées au printemps et à l'automne, les estives, plus haut en montagne, occupées pendant l'été.
Les granges du Sarrat constituaient donc un étage intermédiaire entre le village et les pâturages d'altitude.
À quoi servaient-elles ?
Chaque grange appartenait généralement à une famille du village.
Elle remplissait plusieurs fonctions : abriter les vaches ou les brebis, stocker le foin récolté sur les prés voisins, permettre aux agriculteurs de vivre plusieurs semaines sur place pendant les travaux agricoles, éviter les allers-retours quotidiens avec le village.
Beaucoup comportaient un petit logement très sommaire à l'étage ou dans une pièce attenante : cheminée, banc, paillasse, parfois un évier en pierre.
Ce qui est remarquable au Sarrat, c'est que les bâtiments sont éparpillés, chacun au centre des terres qu'il exploitait.
Cette dispersion permettait de limiter les déplacements, de surveiller les animaux, de récolter rapidement le foin lorsque la météo devenait menaçante.
Les granges sont construites avec les matériaux locaux : murs en schiste ou en gneiss selon les secteurs, charpente en sapin ou en hêtre, couverture en ardoises épaisses, ouvertures réduites afin de conserver la chaleur.
Le grand volume intérieur permettait de stocker plusieurs dizaines de tonnes de foin.
Certaines possèdent encore les anciennes trappes par lesquelles on faisait tomber le foin vers les animaux.
Après les années 1950, cette organisation disparaît progressivement.
Les raisons sont nombreuses : mécanisation de l'agriculture, diminution du nombre d'exploitations, exode rural, création de routes permettant d'accéder plus facilement aux estives.
Beaucoup de granges sont alors abandonnées. Plusieurs ont été restaurées, parfois comme résidences secondaires, souvent avec beaucoup de respect pour leur architecture.
Le Sarrat n'est pas un cas isolé. On retrouve ces ensembles de granges sur de nombreux versants du Couserans, notamment vers Bethmale, Sentein, Ustou ou la vallée du Biros. Ils témoignent d'une économie montagnarde où chaque mètre carré de prairie était précieux. Dans une région où les hivers étaient longs, la quantité de foin récoltée conditionnait directement le nombre d'animaux que l'on pouvait conserver jusqu'au printemps.

Piqûres … Les montées sont longues, le déplacement plus lent, entre 700 m et 1000 m d’altitude j’ai été véritablement harcelé et piqué par de petits taons, peut-être du genre Haematopota pluvialis (le taon des pluies), ou une espèce voisine. J’ai réussi à m’en débarrasser en prenant de la vitesse dans les descentes et en basculant sur Le Sarrat, au soleil et au vent (pas très fort mais suffisamment pour gêner le vol de ces bestioles).

Encore une belle balade entre nature et patrimoine …

Gravel … J’ai déjà donné ma définition du Gravel, vélo tout-en-un mauvais sur aucun terrain (contrairement à ce que j’entends souvent), bon partout.
Je pense que cette image du Gravel réservé aux larges pistes gravillonneuses ou en terre est aussi entretenue par les marques qui brident les Gravel en les équipant de groupes avec de trop petites cassettes derrière pour rouler sur de grosses pentes à moins d’avoir de grosses cuisses (40 devant, 40 derrière). Sans cela, beaucoup pourrait n’acheter qu’un seul vélo, alors qui si on vous dit « Ah, non, là c’est trop caillouteux ! » ou « Trop engagé » ou « Ah non, sur la route vous allez vous traîner et vous ennuyer ! » vous aurez tendance, si vous en avez les moyens à avoir au moins deux vélos (VTT et gravel et deux paires de roues sur le Gravel) … Je persiste à dire, à mon petit niveau de pratique, que je ne m’ennuie jamais sur mon Gravel, que ce soit sur piste, dans la caillasse ou sur route …
Il est aussi à noter tout de même que nombreux pratiquants Gravel ne roulent que sur ces larges pistes et sans trop de dénivelé, et c’est très bien comme ça s’ils y prennent plaisir.

Photos réduites en qualité pour la publication ici, réseau peu performant dans la Bellongue …

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