About Vincent Lombard
5,487 km
432:19 h
Recent Activity
Vincent Lombard planned a road ride.
October 1, 2025
03:31
78.5km
22.3km/h
420m
420m
Vincent Lombard went cycling.
July 24, 2025
Le matin de ce dernier jour, je visite le musée fantastique de la Bête du Gévaudan de Saugues où j'ai passé la nuit. C'est le point d'orgue de mon voyage, le moment où je vais peut-être percer le mystère de la Bête ! Malgré un parcours de 22 scènes réalistes, le musée me laisse pourtant face aux choix des différentes hypothèses de l'identité de la "Malebête". Mais je ne perds pas espoir, et il me suffit d'aller sur les hauteurs environnant la ville pour rencontrer la Bête, la vraie ! En effet, c'est aux pieds de la sculpture en bois de Jean-Pierre Coniasse que je prends le temps de me restaurer, sous l’œil bienveillant du monstre. Puis je prends la direction du nord pour aller admirer le superbe site de de Notre Dame d'Estours. Caché dans les gorges sauvages et profondes de la Seuge, ce site abrite une chapelle, une statue et le sanctuaire de la Reine du Gévaudan et de ses montagnes. Après avoir pris le temps d'admirer le lieu, je m'enfonce dans les gorges de l'Allier où je tombe sur ce petit coin de paradis qu'est le village de Prades. Situé entre rivière, montagnes et forêts, c'est le cadre idyllique pour se ressourcer. Puis je continue à suivre l'Allier pour arriver au village de Saint-Julien des Chazes où en 1765, François Antoine cru tuer la Bête (ou fit croire). Le 8 juin, 1765, face aux échecs répétés, sur ordre du roi, François Antoine, porte-arquebuse de sa majesté, quitta Paris pour le Gévaudan. Les premières chasses s’avérèrent infructueuses et il fut mis en difficulté face à la géographie escarpée et hostile du Gévaudan. Le 20 septembre 1765, François-Antoine est averti qu'un loup de bonne taille rôde aux alentours du bois des Dames de l'abbaye royale des Chazes, près de Saint-Julien-des-Chazes. Antoine décida de s'y rendre et à l’aide de 40 tireurs, il débusqua, tira et abattit l'animal. L’animal fut naturalisé, emmené à Paris et présenté au roi. Il sera exposé dans le jardin de Versailles. Officiellement, François Antoine tua la Bête du Gévaudan et les journaux et la Cour se désintéressaient désormais de l'affaire. Mais après un répit de plusieurs semaines, les attaques reprirent dans le Gévaudan... Les travaux de rénovation de la magnifique chapelle de Sainte-Marie-des-Chazes située en face du village, m'empêchent de l'admirer. Tant pis, je continue ma route et c'est avec une petite pointe de tristesse que j'arrive à la dernière ville-étape de mon périple : Langeac, surnommée la Nice de l'Auvergne. Je flâne dans le centre historique puis m'offre un bon repas mérité dans un petit restaurant. C'est en prenant le train le lendemain matin que je dis au revoir - mais pas adieu - au Gévaudan et que j'achève définitivement ce voyage avec lequel j'ai pu, je le crois, trouver la bonne recette : des étapes équilibrées permettant à la fois de se surpasser sportivement mais aussi de profiter des lieux et de l'instant, le tout relié par un fil conducteur permettant de s'immerger dans l'histoire locale ! Merci à mes parents pour m'avoir fait découvrir enfant ce territoire, à mon frère pour les heures passées ensemble à regarder le Pacte des Loups, aux Cycles Pilorget pour m'avoir préparé mon vélo avec un combo pédalier-pneus hyper adapté, et au magasin Vélo-Passion de Saint-Chély d'Apcher pour avoir permis de continuer. Mais alors, qui est la Bête du Gévaudan ? La dépouille de la Bête tuée par Jean Chastel fut présentée à des dizaines de témoins qui reconnaissèrent l’animal qu’ils avaient vu ou qui les avait attaqués. Le cadavre fut étudié par deux chirurgiens et un compte rendu de l’autopsie fut consigné sous le nom de “rapport Marin”, du nom du notaire qui a supervisé l’opération. La description de l’animal laisse penser à un hybride de chien et de loup : grand canidé de 55 kg, au pelage roux, une marque blanche sur le poitrail, une forte gueule... Mais le rapport soulève une série de questions qui alimenteront jusqu’à aujourd’hui le mystère de l’identité de la bête. En 2016, le journaliste Jean-Claude Bourret fit réaliser une reconstitution en résine et polyuréthane à partir des dimensions mesurées par les deux chirurgiens et consignées dans le rapport Marin. Des historiens, journalistes, biologistes, zoologues, criminologues ont tenté de percer le mystère de l’identité de la “Dévoreuse” : hyène, chien-loup, tueurs sadiques, molosse cuirassé, violeur, loups anthropophages... Aucune hypothèse n’a complètement balayé les autres et le mystère demeure sur cet animal devenu légendaire.
05:01
34.6km
6.9km/h
500m
910m
Vincent Lombard went gravel riding.
July 23, 2025
Malgré l’aide du mari de mon hôte au Malzieu-Ville, je n’arrive pas à réparer mon pneu. Heureusement, j’ai vu qu’à Saint-Chely d’Apcher se trouve le magasin « Passion Vélo ». 40 km pour revenir sur mes pas d'hier mais il en va de la suite de mon périple. Je me pointe au magasin dès son ouverture et le gérant très sympa répare mon pneu. Me voilà prêt à repartir sereinement ! Avec ce contre-temps, j’ai dû raccourci ma trace. Exit le Cirque de Paladine et le Viaduc de Gabarit. Par contre, j’ai maintenu le petit détour par l’ouest pour une séquence nostalgie au hameau de Orfeuille : j’arrive à retrouver la maison, qui n’est désormais plus un gîte, où 23 ans plus tôt mes parents, mon frère et moi nous avions passés nos vacances d’été. Je continue jusqu’à Paulhac-en-Margeride où une pluie m’oblige à me réfugier dans la Maison de Dieu pour casser la croûte. Toujours sous la pluie, je reprends la route mais mon bon équipement me permet d’être au sec. Je me lance dans l’ascension du Mont-Mouchet pour arriver face au monument commémorant ce haut-lieu de la Résistance française. C’est à ce moment-là que je quitte le bitume pour m’enfoncer dans la forêt me permettant ainsi d’arriver au véritable sommet où une table d'orientation me permet d’apprécier un panorama sur les Monts du Cantal, du Velay et la Chaîne des Puys aux Cévennes. De plus la pluie à la merveilleuse idée de cesser à ce moment-là ! Puis je continue pour arriver précisément au lieu-dit La Sogne d’Auvers où en 1767 le paysan Jean Chastel tua la Bête du Gévaudan. Jean Chastel était un paysan de l'Ancien Régime qui passe pour avoir tué la Bête du Gévaudan. Chasseur émérite, braconnier à l'occasion, Jean Chastel exerçait les activités de brassier et de cabaretier. Le 18 juin 1767, le marquis d'Apcher, informé de la présence de la Bête, décida aussitôt d'organiser une battue le lendemain au mont Mouchet, dans le bois de la Ténazeire, avec quelques volontaires dont Jean Chastel. Le 19 juin donc, Chastel chargea son fusil d'une balle et de cinq chevrotines et, au lieu-dit la Sogne d’Auvers, il tua un animal de grande taille qui ressemblait à un loup. Après cette battue et la mort quelques jours après d’une louve accompagnant ce gros loup, les attaques cessèrent définitivement. L’épaisse forêt m’entourant et la pluie qui s’est remise à tomber donnent une tonalité appropriée au moment. Je reprends la route et en sortant du bois j’arrive au village d’Auvers où une statue rappelle les exploits de Marie-Jeanne Vallet face à la Bête. Agée d’environ 20 ans, elle fut surprise, elle et d'autres paysannes par la Bête le 11 août 1765. Marie-Jeanne ne fuit pas et parvient à planter sa lance dans le poitrail de l’animal. Cette dernière, blessée, tomba dans le cours d’eau puis prit la fuite. Depuis, on parla de l'exploit de « la Pucelle du Gévaudan ». Quelques kilomètres plus loin, je m’offre une pause goûter à côté de la stèle de Jean Chastel posée à l’entrée de La Besseyre-Saint-Mary, son village. S’il peut être considéré comme le héros du Gévaudan et le véritable tueur de la Bête, le mystère sur la personnalité et le rôle de Jean Chastel dans l’affaire de la Bête ont conduit à des hypothèses et des spéculations. Jean Chastel était surnommé « de la masca », sobriquet qui signifiait, en occitan, (fils) de la sorcière. Alors que les paysans lettrés était rares, il savait écrire et signait fréquemment les actes paroissiaux. Son frère était un homme en cavale, condamné à mort pour le meurtre de son neveu. Le nom des deux fils de Jean Chastel, plus particulièrement celui d’Antoine, revient souvent dans les ouvrages partisans d’un tueur sadique. Une thèse sur l’identité de la Bête soutient qu’il aurait dressé la bête et que les Chastel serait une famille en rupture de ban, voire comme des meneurs de loups coupables de meurtres commis par sadisme ou désir de justice privée. Mais aucune preuve historique n’a pu jusqu’ici donner du crédit à ces hypothèse se basant sur des traditions orales et reprises par des théoriciens défenseurs acharnés du loup. Après un rapide goûter devant la stèle de Jean Chastel, je reprends la route jusqu’à Saugues où je fais étape dans le gîte communal, m’offre un défilé de panoramas magnifique sur une Margeride sublimée par un soleil retrouvé.
10:16
82.0km
8.0km/h
1,630m
1,440m
Vincent Lombard went gravel riding.
July 22, 2025
Je quitte Aumont-Aubrac et ses chemins pour m’enfoncer dans la douce vallée de Rimeize. Il fait beau et le soleil commence un peu à chauffer, cela change de ces derniers jours. J’atteins Saint-Chely d’Apcher, petite ville située entre le massif de la Margeride et le plateau de l’Aubrac, et dont le nom fait échos au marquis d’Apcher, seigneur qui organisa la battue qui eu raison de la Malebête. En effet, Jean Joseph de Châteauneuf-Randon est connu pour avoir organisé la chasse du 19 juin 1767, durant laquelle Jean Chastel, paysan du coin tua la bête du Gévaudan. Le marquis n’avait que 17 ans lors de l’apparition de la bête mais il démontra une détermination in fine couronnée de succès. Je prends d’ailleurs la direction du site médiéval d’Apcher, ancien chef-lieu de la baronnie, dont il subsiste notamment un superbe donjon et la chapelle castrale. Pour déjeuner, je m’installe sur un promontoire offrant un panorama remarquable sur le massif de la Margeride, puis je me pose dans l’herbe pour faire une sieste mais une odeur de crotte m’empêche de tomber dans les bras de Morphée. Pourtant j’ai inspecté les lieux... Je remonte sur mon fidèle destrier qui lui a la bonne idée de ne pas semer de matière fécale puis je file sur les petites routes des gorges de la Truyère que je traverse par un joli pont en bois. Je descends vers Saint-Alban-sur-Limagnole, 2ème petite ville du jour, dominée par son château qui durant l’année 1764 fut l’un des points de ralliement pour organiser les battues visant à éliminer la Bête du Gévaudan. Le château de Saint-Alban était alors la propriété de la famille des Molette de Morangiès, dont l’un de ses membres contemporains de l’affaire, fut considéré comme suspect à partir des années 1930. Marquis de Morangiès et comte de Saint-Alban, Jean-François-Charles de Morangiès était un membre de la haute noblesse du Gévaudan. Après une carrière très critiquée dans l’armée du Roi, il mena une vie dissolue et se ruina en dettes de jeu, dilapidant sa fortune et suscitant de violentes querelles familiales. Son casier judiciaire était assez chargé... Il participa à de nombreuses battues et chasses contre la bête. C’est en effet à partir du XXè siècle que se développa la théorie d’un tueur sadique se cachant derrière la Bête du Gévaudan. Des romanciers et défenseurs des loups accusèrent le Comte de Morangiès d’être ce tueur sadique et l’associèrent à un autre protagoniste au profil trouble, Antoine, le fils de Jean Chastel. Les historiens n'ont jamais retenu cette thèse, car elle ne repose sur aucun document historique valable. Le Comte finit assassiné par sa maîtresse, d’un coup de pelle en 1801. Après Saint-Alban, je m’en vais voir la cascade du Franquet, perdue au milieu des bois. Pour se faire, j'emprunte des sentiers pleins de broussailles qui créeront une petite crevaison à mon pneu arrière. Je regonfle et croise les doigts pour que cela tienne jusqu'au bout. Je passe par le village de Chanaleilles où vécut le célèbre Jacques Portefaix qui combattit la Bête. C'est sur la paroisse de Chanaleilles que le 12 janvier 1765, la Bête attaqua 7 enfants âgés de 8 à 12 ans. Elle dévora la joue de l’un d’entre eux puis elle emporta un autre enfant en tenant son bras dans sa gueule. Alors que le reste de ses camarades suggéraient de fuir, Jacques Portefaix les incita à secourir leur ami. A coup de bâtons avec des lames fixées à leur sommet, les enfants réussisèrent à faire lâcher prise à la bête et la tenir à distance. Elle prendra finalement la fuite face à l’arrivée d’adultes alertés par les cris. Mis au fait de cet exploit, le roi paya à Jacques son éducation pour le récompenser. Il entra à l’école du Corps Royal d’artillerie de Montpellier puis devient lieutenant. Il mourra âgé d’une trentaine d’année. Après un petit tour dans le village de Jacques Portefaix, je file vers Le Malzieu-Ville, qui marque la fin de mon étape. C'est l'un des plus beaux villages de France qui m'attend. Son riche patrimoine fait de ruelles pavées, tours fortifiées, remparts et portes superbement restaurées me fait oublier mon souci avec mon pneu que je n'ai pas réussi à réparer. On verra demain.
09:09
75.0km
8.2km/h
1,270m
1,440m
Vincent Lombard went gravel riding.
July 21, 2025
C'est la journée où j'en ai pris plein la vue, avec en point d'orgue l'Aubrac, que j'attendais tout particulièrement ! Parcourir jusqu'à Aumont-Aubrac ces vastes étendues désertiques composées de pâturages où serpentent les eaux pures des ruisseaux fut un pur plaisir pour les yeux mais aussi pour les jambes car je me suis régalé à arpenter les chemins gravillonnés des plateaux de l'Aubrac ! Et le ciel noir et menaçant n'a fait que de magnifier ce spectacle offrant un contraste de couleurs magnifique entre le gris foncé du ciel et le jaune doré des pâturages. Mais le début de la journée ne fut pas en reste ! Tout d'abord Marvejols, ancienne ville royale du Gévaudan, qui a su conserver son passé de ville moyenâgeuse avec ses ruelles étroites et ses portes fortifiées. J'y arrive en milieu de matinée après avoir quitté Mende et franchi deux petits cols. Après un ravitaillement à la boulangerie et un échange avec un cycliste local autour du matériel et du vélo que j'utilise, je me dirige vers un autre site remarquable : les gorges de l'Enfer. L'étroite et sinueuse route qui serpente cette vallée permet d'admirer les gorges de cette vallée formées naturellement par l’érosion régressive de la rivière la Crueize. Puis je prends de la hauteur pour accéder au Roc de Peyre qui domine la vallée de l'Enfer. C'est un piton volcanique sur lequel se tenait autrefois l'imprenable forteresse de la baronnie de Peyre surnommée "le nid de l'aigle". De cet ancien château, il n'en reste malheureusement plus rien. Par contre, le site conserve son panorama remarquable allant de la chaine granitique de la Margeride jusqu'au volcan du Cantal en passant par le plateau d'Aubrac. Mon estomac et une petite pluie me rappellent qu'il est temps de m'abriter pour déjeuner, ce que je fais peu de temps après au bord du Lac du Moulinet. Le ventre rempli, je me dirige vers l'Aubrac qui s'offre à moi après le château de la Baume. Surnommé le petit Versailles du Gévaudan, ce château fut aussi le rendez-vous des chasses organisées pour attraper la Bête. Le soir, un cocktail de spécialités locales composé d'aligot, de tripoux et vin d'Auvergne ponctue cette magnifique journée.
09:14
80.8km
8.7km/h
1,560m
1,280m
Vincent Lombard went gravel riding.
July 20, 2025
Que cette fin d'étape à Mende fut dure avec la montée de la côte Laurent Jalabert dont je suis arrivé à bout ! Arborant le nom du célèbre coureur français en l’honneur de sa victoire en 1995, cette désormais mythique côte présente une déclivité moyenne de 10,1% sur presque 3 km, avec des passages jusqu'à 14 % ! Un effort qui contraste avec un début d'étape bien plus doux. Après avoir quitté le paisible petit village de Cubières sous un beau soleil, je décide de raccourcir ma trace initiale à partir du Bleymard pour prendre la route suivant le Lot. Je passe au pied du château du Tournel qui sur son éperon rocheux domine la haute vallée du Lot. Arrivé à la station thermale de Bagnols-les-Bains, je prends le temps de me poser au bord de la rivière pour y tremper mes pieds, lire un livre et faire un petit somme. Avec le temps, je courre moins après les kilomètres et je prends plus le temps de profiter des lieux que je traverse et de l'atmosphère qui y règne. C'est d'ailleurs dans cet esprit que j'ai bâti mon parcours en diminuant le nombre de km sur chaque étape. Je crois qu'avec ce périple j'arrive à la forme idéale du voyage à vélo selon moi. Après m'être restauré à la boulangerie du coin, je prends de la hauteur et m'enfonce dans le parc national des Cévennes. Il fait beau, je suis en pleine forêt, c'est paisible, je kiffe. Arrivée sur les hauteurs, j'aborde désormais la descente progressive vers Mende avec en toile de fond la vallée du la Nize et le Mont Mimat. Je passe par le village de Lanuéjols où j'admire l'un des plus célèbres mausolée gallo-romain de France. Puis je quitte la route pour prendre à nouveau de la hauteur par des chemins qui, après une sévère montée dans la caillasse, m'offrent une superbe vue sur les alentours. C'est finalement sous la pluie et en descendant la côte Jalabert que j'arrive à Mende. Après avoir visité la vile et notamment son imposante cathédrale gothique, symbole du pouvoir des évêques de l'ancienne province du Gévaudan, je me lance donc à l’assaut de la côte Jalabert. Une belle soirée et un bon repas mérité s'offrent désormais à moi dans la ville de Mende dont son évêque, à l'époque de la Bête, fut un personnage central de cette histoire. Monseigneur de Choiseul-Beaupré, évêque de Mende, marqua en effet l’histoire de la bête du Gévaudan le 31 décembre 1764, lorsqu’il publia un mandement. Cet écrit à destination des fidèles était un appel à la prières et la pénitence face à la Bête que l’évêque qualifiait de fléau envoyé par Dieu pour punir les hommes de leurs péchés. Mais cela n’arrêta pas le moindre du monde les attaques et meurtres de la bête... L’évêque de Mende décèda à 82 ans, 18 jours après la mort de la Bête.
08:44
53.8km
6.2km/h
1,130m
1,340m
Vincent Lombard went gravel riding.
July 19, 2025
Les nuages noirs et les grondements lointains d’un orage composent le tableau du matin de ce 2ème jour. Je quitte vite Saint-Étienne de Lugdarès en passant par le lieu-dit Les Hubacs, hameau de Jeanne Boulet, la première victime officielle de la Bête le 1er juillet 1764. Le fait que l’acte de sépulture précise qu'elle fut tuée par « la bette féroce », suggère qu'elle n'était pas la première victime mais seulement la première déclarée. En effet, depuis 1763, on comptait une dizaine d’attaque similaire par une bête. Mais Jeanne Boulet était la première ne pas sortir vivante d’une attaque. Passé Les Hubacs, je me mets à l’abri sous le toit d’un lavoir pour laisser passer la pluie et l’orage. Une fois la colère de Dame Nature passée, je reprends la route jusqu’à La Bastide-Puylaurent. Je quitte alors le bitume pour les chemins du GR de Stevenson où une belle et longue montée me cueille dès le début. Les efforts nécessaires sont vite oubliés face au spectacle qui s’offre à moi. Alors que je suis au beau milieu de la forêt, un brouillard s’installe progressivement conférant au lieu une atmosphère mystérieuse, un poil inquiétante. Une ambiance pile en adéquation avec le thème du voyage. Un descendant de la Bête pourrait surgir à tout instant, qui sait ! Le brouillard se dissipe progressivement et j’arrive au charmant petit village de Chasseradès où je me pose à l’épicerie pour prendre un bon repas mérité, là où 4 ans plus tôt mon cousin et moi nous nous étions ravitaillés pour notre 1ère journée de randonnée sur le Chemin de Stevenson. Repu, je reprends la route direction le col du Goulet. Malheureusement, une course de rallye m’empêche de le gravir. Je me résigne à faire un détour pour arriver village du Bleymard. A partir d'ici m'attend le gros morceau du jour : le col de Finiels, une montée de 10km passant par la station du Mont Lozère. Les pourcentages n’étant pas très forts, cela se fait finalement très bien et me donne accès à ma récompense. : un panorama incroyable composé au 1er plan d'un massif nu parsemé de chaos granitiques aux formes arrondies et de pâturages subalpins sublimés par de bruyères violettes, et en 2ème plan une vue sur les Causses, les Cévennes et la Lozère. Après une gourmande coupe glacée, je file vers Cubières où je vais passer la nuit chez Christine et Didier, un couple charmant et auteur d’un excellent repas, qui ont repris un hôtel redonnant vie ainsi à ce charmant petit village.
10:02
88.9km
8.9km/h
1,660m
1,730m
Vincent Lombard went gravel riding.
July 18, 2025
Enfin ! Cela faisait depuis 2 ans que je rêvais de faire ce périple mais que j'ai dû reporter à plusieurs reprises. Bien que fatigué moralement et pas serein à causes de récentes petites blessures, cet été est le bon. Parfois, il faut savoir se bousculer un peu… Surtout que cette aventure me tenait à cœur pour deux raisons. Elle a lieu essentiellement sur les terres de l’ancienne province du Gévaudan, un coin de la France auquel je suis attaché pour l’avoir parcouru dès mon enfance ou encore plus récemment lorsque j’ai réalisé à pied une partie du chemin de Stevenson en 2021. Ensuite, j’ai cette fois-ci décidé de donner un thème à mon périple : je pars sur les traces de la Bête du Gévaudan, un fait historique devenu mythe qui a bercé mon enfance et mon adolescence. La Bête du Gévaudan est une créature qui a semé la terreur en France durant le XVIIIe siècle. En moins de trois ans, la “Malebête” a tué pas moins d’une centaine d’enfants, adolescents et femmes. Ces attaques ont été commises dans le Gévaudan, ancienne province du Royaume de France. Le comté de Gévaudan correspond à l’actuel département de la Lozère, avec le canton de Saugues. C'était une région rurale et d’élevage, où les troupeaux était gardés par des enfants, proies favorites de la Bête. Les paysans vivaient souvent dans la misère et devaient composer avec des récoltes souvent insuffisantes. C’était une contrée isolée, d’altitude moyenne, peu accessible en raison du relief et des rivières. Les hivers était très rudes et les étés chauds et sec. C’est en fin d’après-midi que je pose les roues de mon vélo dans le Gévaudan en descendant à la gare de Langogne. Après un petit arrêt devant la statue de la Bête en métal faite par un forgeron, je fais le tour du joli lac de Naussac puis je file vers l’Est car la destination de cette 1ère étape est Saint-Étienne de Lugdarès, commune de l’ancienne région historique du Vivarais où la bête a commencé à faire parler d’elle en l’an 1764. Pour m’y rendre, j’arpente de jolies petites routes et des chemins agréables à rouler me permettant de me confronter aux premières montées. J’arrive au château de Luc où je prends le temps de me poser et de prendre la pause. Dominant la vallée de l'Allier, cette ancienne forteresse médiévale n’est désormais faite que de ruines mais avec un donjon dominé par une statue de la Vierge Marie. Puis j’arrive au village de Saint-Etienne de Lugdarès et j’admire la statue de la bête dressée devant la mairie. Avant d’aller m’installer dans mon Airbnb, j’essaye d’obtenir les conseils de 3 dames du village pour retrouver, à l’aide d’une veille photo, le gîte où j’ai passé mes vacances pas très loin avec mes parents et mon frère en 1995. Malheureusement, elles ne reconnaissent pas le lieu. Pas grave, je trouve le sommeil après un bon repas avec une vue sur le massif environnant.
03:13
37.1km
11.5km/h
510m
400m